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HumainPratique7 min de lecture

Comment écrire une fiche de poste d'observabilité ?

La structure d'une fiche de poste qui attire les bons profils en observabilité et en fiabilité, les erreurs fréquentes, ce que le droit impose et deux modèles prêts à adapter : ingénieur observabilité et SRE avec astreinte.

Pour : managers d’équipe · direction et DSIPrérequis : Avoir choisi le profil recherché ; la page [Quels profils recruter ?](/people/observability-roles/) aide à le faire.

Mode de lecture

Scénario illustratif. Deux annonces pour le même poste de SRE. La première liste Kubernetes, Terraform, Prometheus, Grafana, Datadog, Python, Go, Ansible et « une excellente capacité à travailler sous pression ». La seconde dit : « Le service de paiement a connu douze incidents majeurs l’an dernier. Votre mission : diviser ce nombre par deux en un an, avec l’équipe produit. Astreinte une semaine sur six, compensée. » La seconde reçoit moins de candidatures, mais presque toutes sont pertinentes.

Cette page fait suite à Quels profils recruter ?. Elle donne une structure, les erreurs à éviter et deux modèles. Le générateur de fiche de poste produit une première version adaptée à votre contexte.

Une fiche de poste répond à sept questions, dans cet ordre.

  1. Pourquoi ce poste existe. Le problème à résoudre, en deux ou trois phrases, avec un chiffre si vous en avez un.
  2. Ce que la personne aura changé dans un an. Deux ou trois résultats concrets. C’est ce qui permet au candidat de se projeter et à vous d’évaluer la période d’essai.
  3. Le quotidien. La répartition du temps : construction, réponse aux incidents, accompagnement des équipes, réunions.
  4. L’environnement. La taille de l’équipe, à qui la personne est rattachée, les outils en place et ceux qu’elle pourra choisir.
  5. L’astreinte. Si elle existe : la fréquence, la taille du tour de garde, la compensation, le volume d’alertes de nuit. Si elle n’existe pas, dites-le.
  6. Ce qui est indispensable et ce qui s’apprend. Deux listes séparées, la première courte.
  7. Les conditions. La fourchette de rémunération, le lieu, le télétravail, le déroulé du recrutement.
ErreurCe qu’elle produitCe qu’on écrit à la place
la liste d’outils comme description du postedes candidats qui connaissent les outils mais pas le métierle problème à résoudre, puis les outils en place en une ligne
l’astreinte passée sous silenceun départ à la fin de la période d’essaila fréquence, la taille du tour de garde, la compensation
quinze exigences indispensablesdes candidatures qui s’autocensurenttrois ou quatre indispensables, le reste en « s’apprend en poste »
« sous pression », « environnement exigeant »le signal d’une équipe en sous-effectifla charge réelle, chiffrée
un intitulé à la mode qui ne correspond pas au travaille mauvais profil, déçu au bout de trois moisl’intitulé du profil qui correspond au problème
un nombre d’années d’expérience exigél’exclusion de personnes compétentes au parcours atypiquele niveau de responsabilité attendu (concevoir pour une équipe, fixer les règles pour plusieurs)
aucune fourchette de rémunérationdes entretiens qui échouent au dernier momentune fourchette, obligatoire de toute façon à terme (voir plus bas)

Le droit applicable dépend du pays. En France, quelques règles sont à connaître ; vos RH ou votre juriste restent la référence.

  • Les critères doivent porter sur le poste. Le Code du travail interdit d’écarter un candidat pour un motif discriminatoire (article L1132-1) et impose que les informations demandées aient un lien direct avec l’emploi proposé (article L1221-6, sur Légifrance). « Jeune équipe dynamique » ou une limite d’âge implicite n’ont pas leur place dans une fiche.
  • L’intitulé est neutre. Un intitulé au masculin seul est à éviter ; « ingénieur ou ingénieure observabilité », « H/F » ou une formulation neutre conviennent.
  • La rémunération est annoncée. La directive (UE) 2023/970 sur la transparence des rémunérations prévoit que le candidat reçoive la rémunération initiale ou sa fourchette avant l’entretien ; elle interdit aussi de lui demander son salaire actuel. Les États membres devaient la transposer au plus tard le 7 juin 2026 : vérifiez avec vos RH où en est le texte national qui s’applique à vous.
  • L’astreinte est encadrée. En France, elle donne droit à une contrepartie financière ou en repos (article L3121-9 du Code du travail). La fiche peut le dire simplement.

Modèle 1 : ingénieur observabilité, niveau confirmé

Section intitulée « Modèle 1 : ingénieur observabilité, niveau confirmé »

Ce modèle est un exemple à adapter : les chiffres et le contexte sont fictifs.

Ingénieur ou ingénieure observabilité (confirmé)

Pourquoi ce poste existe. Nos quarante développeurs déploient une trentaine de services. Quand une requête est lente, il faut aujourd’hui en moyenne une demi-journée pour trouver le service en cause : il manque des traces et chaque équipe a ses propres tableaux de bord.

Dans un an, vous aurez :

  • instrumenté les services critiques avec OpenTelemetry et mis en place une chaîne de collecte commune ;
  • écrit les conventions de nommage et les tableaux de bord de référence que les équipes reprennent ;
  • formé chaque équipe à lire une trace, au point qu’elle diagnostique seule ses lenteurs.

Votre quotidien. Environ la moitié du temps à construire (collecte, stockage, conventions), un tiers à accompagner les équipes (binômes, ateliers, revues d’instrumentation), le reste en support et en amélioration continue.

L’environnement. Rattachement à la responsable de l’équipe plateforme (quatre personnes). Services en Java et en Go sur Kubernetes, métriques dans Prometheus, logs dans un outil à remplacer : le choix du stockage des traces et des logs fera partie de vos premiers chantiers.

Astreinte. Pas d’astreinte sur ce poste ; les équipes produit tiennent celle de leurs services.

Indispensable : avoir instrumenté au moins un service en production ; savoir lire une trace distribuée et expliquer ce qu’elle montre ; savoir expliquer un choix technique à des développeurs.

S’apprend en poste : le Collector OpenTelemetry dans le détail, nos outils internes, Go si vous venez de Java (ou l’inverse).

Conditions. Fourchette de rémunération annoncée, lieu, télétravail. Déroulé : un échange de 30 minutes, un exercice de diagnostic d’une heure avec deux membres de l’équipe, un entretien avec la responsable. Réponse sous dix jours.

SRE, ingénieur ou ingénieure de fiabilité (confirmé)

Pourquoi ce poste existe. Le service de paiement a connu douze incidents majeurs l’an dernier, dont trois de plus de deux heures. Personne ne répond aujourd’hui de sa fiabilité de bout en bout.

Dans un an, vous aurez :

  • défini avec le produit les objectifs de fiabilité (SLO) du paiement et le budget d’erreur qui en découle ;
  • réduit de moitié le nombre d’incidents majeurs ou leur durée ;
  • instauré des post-mortems sans blâme dont les actions sont suivies jusqu’au bout.

Votre quotidien. Environ la moitié du temps à l’ingénierie (automatisation, fiabilisation, alertes), un quart à l’astreinte et aux incidents, un quart avec l’équipe produit (revues de conception, SLO, priorisation).

L’environnement. Rattachement au responsable de la fiabilité. Vous travaillez avec l’équipe paiement (huit développeurs) et avec l’équipe plateforme, qui fournit l’outillage d’observabilité.

Astreinte. Une semaine sur six, avec un second niveau désigné. En moyenne moins d’un appel par nuit d’astreinte sur les trois derniers mois. Compensation financière et récupération le lendemain d’une nuit d’intervention.

Indispensable : avoir tenu une astreinte en production ; savoir coordonner un incident et rédiger un post-mortem ; savoir écrire un SLO et l’alerte qui va avec.

S’apprend en poste : notre domaine (le paiement), nos outils, Terraform si vous venez d’un autre outil d’infrastructure.

Conditions. Fourchette de rémunération annoncée, lieu, télétravail. Déroulé : un échange de 30 minutes, une mise en situation d’incident d’une heure, un entretien avec le responsable et un membre de l’équipe produit. Réponse sous dix jours.

Avant de publier, faites relire la fiche par une personne qui occupe déjà un poste proche, dans votre équipe ou ailleurs. Posez-lui trois questions : est-ce que tu postulerais ? Qu’est-ce qui te ferait hésiter ? Qu’est-ce qui manque pour comprendre le poste ? Ses réponses valent mieux que toutes les grilles.